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Pierre Olofsson
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Né à Paris le 4 février 1921 et élevé à Stockholm, Pierre Olofsson passa ses années de formation à l'école de peinture d'Otte Sköld de 1937 à 1938 avant de s'inscrire à l'Académie royale des beaux-arts de Suède, où il étudia jusqu'en 1943. Cette double empreinte — Paris comme lieu de naissance et une éducation rigoureuse à Stockholm — le plaça au cœur des courants qui reconfiguraient le modernisme scandinave dans l'immédiat après-guerre.
En avril 1947, Olofsson se joignit à une poignée d'artistes, parmi lesquels Lage Lindell et Lennart Rodhe, pour une exposition collective intitulée « Ung konst » (Art jeune) à la Galleri Färg och Form de Stockholm. L'exposition est largement considérée comme l'événement le plus décisif dans l'établissement de l'art concret comme force sérieuse en Suède, et ses participants devinrent connus sous le nom de « 1947 års män » (Les Hommes de 1947). Ce qui rendait Olofsson singulier au sein de ce cercle était son refus de dévier. Alors que Lindell, Rodhe et d'autres assouplirent progressivement leurs géométries au fil des décennies, Olofsson demeura un concrétiste engagé toute sa vie, le seul membre du groupe à ne jamais s'écarter des principes fondateurs.
Le moteur de son langage visuel était Paul Klee, dont l'influence conduisit Olofsson vers un système compositionnel bâti sur des disques en rotation, des ovales alternés et des spirales empilées dans une profondeur illusoire. En calibrant soigneusement les contrastes chromatiques, il amenait des surfaces planes à donner l'apparence d'un espace tridimensionnel, des formes qui semblent avancer, reculer ou pivoter selon le déplacement du regard sur la toile. La palette était typiquement audacieuse et affirmée : rouges, jaunes, bleus, verts, noir et blanc disposés sur des fonds texturés. Ses sculptures, dont l'œuvre en fer « Pas de deux » de 1991, prolongeaient la même logique dans l'espace physique, atteignant un équilibre formel tendu par des éléments appariés.
Au-delà de l'atelier, Olofsson porta la conviction propre à la tradition concrète — que l'art devait s'intégrer à la vie quotidienne — dans la pratique industrielle directe. Il travailla comme coloriste chez Saab aux côtés du designer Sixten Sason, et collabora avec Sune Envall chez Husqvarna, où les deux développèrent le logotype et l'identité visuelle de l'entreprise. Ces commandes n'étaient pas des activités annexes ; elles exprimaient la même conviction qui animait ses peintures : que la géométrie et la couleur pouvaient fonctionner productivement dans le monde plutôt que seulement sur les murs des galeries.
L'œuvre d'Olofsson intégra les collections permanentes de certaines des institutions suédoises les plus importantes, notamment Moderna Museet à Stockholm, le Nationalmuseum, le Musée d'art de Malmö, le Musée d'art de Norrköping, le Musée d'art de Kalmar et le Musée de Sundsvall. Il mourut à Stockholm le 17 mars 1996, à l'âge de 75 ans.
Sur le marché nordique des ventes aux enchères, Olofsson apparaît régulièrement dans les maisons suédoises, l'essentiel de ses 77 lots catalogués étant passés par SAV Magasin 5 et SAV Sickla, complétés par des apparitions chez Bukowskis et GBG Auktion. Son œuvre couvre la peinture, l'estampe et la sculpture. La vente la plus élevée parmi les lots suivis est la sculpture en fer « Pas de deux » adjugée à 32 000 SEK, suivie d'une composition à la gouache à 14 501 SEK. Une composition intitulée « Flick-Flack » a atteint 18 900 EUR dans une autre salle, indiquant que les pièces majeures peuvent attirer des enchères significatives. Les estampes restent la catégorie la plus fréquemment échangée, ce qui en fait un point d'entrée raisonnable pour les collectionneurs, tandis que sa sculpture, plus rare en vente aux enchères, obtient les prix les plus fermes lorsqu'elle apparaît.