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Louis Bastin
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Louis Bastin est né à Moscou en 1912 dans une famille d'origine européenne mixte : son père était d'origine française, tandis que sa mère appartenait à une famille néerlandaise installée en Russie à l'époque napoléonienne. Les bouleversements de la Première Guerre mondiale poussèrent la famille vers l'ouest, et à l'âge de sept ans, Bastin était devenu suédois, grandissant et achevant sa scolarité en Suède.
Son parcours vers l'art fut en partie le fruit du hasard et en partie celui d'encouragements. L'écrivain et artiste Albert Engström, l'une des figures les plus hautes en couleur de la vie culturelle suédoise de l'époque, dit au jeune Bastin sans détour qu'il n'était fait pour rien d'autre que l'art. Bastin prit ce conseil au sérieux. Il s'inscrivit à l'Académie royale des beaux-arts de Suède à Stockholm, où son attention se porta avant tout sur les arts graphiques, et la gravure en particulier finit par l'absorber entièrement. Il poursuivit ses études à travers l'Europe, séjournant à Paris sous la direction de Marcel Gromaire, le peintre français dont l'œuvre se situait à la croisée du cubisme et d'une figuration brute, ancrée dans le monde ouvrier. Durant ses années parisiennes, Bastin passa de longues heures au Louvre, étudiant les maîtres anciens avec l'attention minutieuse de celui qui apprend un métier plutôt que de celui qui collectionne les impressions.
Au début des années 1960, Bastin s'était imposé comme une figure centrale de la gravure suédoise. Il était largement considéré comme le seul praticien en Suède travaillant la gravure en couleur au niveau d'exigence que ce medium requiert, et sa place parmi les premiers graveurs du pays était reconnue tant par la critique que par les institutions. Son travail en couleur trahissait une dette manifeste envers la sensibilité postimpressionniste de Pierre Bonnard et Édouard Vuillard, dont l'intérêt pour la chaleur et la texture des scènes domestiques et urbaines parcourait les sujets de Bastin comme un courant souterrain.
Ces sujets étaient enracinés dans la vie de Stockholm. Bastin revenait sans cesse aux enfants dans la ville : sur le chemin de l'école, attendant devant les studios de ballet, se rassemblant au terrain de sport. Il n'y avait rien de sentimental dans son traitement de ces scènes. Il les abordait avec l'attention d'un observateur minutieux, intéressé par la lumière, le mouvement et la qualité particulière d'un instant dans une rue ordinaire. Les enfants dans son œuvre ne sont pas idéalisés ; ils habitent une ville réelle.
Son œuvre est entrée dans d'importantes collections publiques des deux côtés de la frontière norvégo-suédoise. Le Musée d'art de Göteborg conserve plusieurs de ses pièces, et des œuvres figurent également dans les collections de la Galerie nationale d'Oslo. Des expositions personnelles dans les années 1970 apportèrent un regain tardif d'attention institutionnelle à un corpus d'œuvres patiemment construit au fil de plusieurs décennies.
Bastin est décédé en 1979. En vente aux enchères, ses estampes, pastels et peintures continuent d'apparaître dans les maisons régionales suédoises, avec des œuvres telles que « På stranden » et « Stenflytt av pojkar » reflétant l'intérêt humain, ancré dans la rue, qui définissait sa pratique. Les estimations en vente aux enchères suédoises restent modestes, plaçant son œuvre à la portée des collectionneurs attirés par la gravure nordique du milieu du XXe siècle.