
ArtisteFrench
Bernard Buffet
0 objets en cours
Bernard Buffet est né le 10 juillet 1928 à Paris, fils d'une famille de la classe moyenne aux racines dans le nord et l'ouest de la France. Son père mourut en 1942, et les privations de la guerre laissèrent des marques qui ne quitteraient jamais tout à fait sa peinture. Il entra à l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts à quinze ans — une admission exceptionnellement précoce — et à dix-neuf ans remporta le Prix de la Critique en 1948, partageant la distinction avec Bernard Lorjou. C'était une annonce, pas une promesse.
Le style qui le rendit impossible à ignorer s'appuyait sur la figuration sobre de Francis Gruber qu'il poussait vers la sévérité. Des contours noirs épais, des figures allongées et émaciées, des intérieurs domestiques dénudés, dépouillés de toute chaleur — ce langage visuel fut regroupé sous le terme de « misérabilisme », une tendance française d'après-guerre qui s'obstinait à montrer la vie sans confort ni consolation. En 1952, Buffet exposa « La Passion du Christ », un grand cycle thématique qui allait à contre-courant de la préférence contemporaine pour l'abstraction et établit sa pratique d'organiser chaque année autour d'un sujet unique. Un triptyque de 1954 sur l'horreur de la guerre prolongea cette ambition sur le terrain politique. En 1955, une enquête de la revue Connaissance des Arts le plaça premier parmi les dix meilleurs peintres de l'après-guerre.
Les années 1950 apportèrent un succès commercial et populaire extraordinaire. Son galeriste parisien Maurice Garnier lui accorda un contrat annuel, et les estampes, affiches et lithographies diffusèrent son imagerie bien au-delà des murs des galeries. En 1958, il épousa Annabel Schwob, qui devint à la fois sa compagne la plus proche et le sujet d'une série soutenue de portraits tout au long des années 1960. Il peignit des clowns, des figures de cirque, des paysages urbains de Paris, New York, des fleurs et des natures mortes avec le même trait sobre et nerveux — une cohérence visuelle qui rendait l'attribution quasi automatique et la demande commerciale quasi inépuisable.
Cette cohérence devint le fondement d'une sérieuse réaction critique. Au début des années 1960, l'establishment artistique s'était retourné contre lui, jugeant l'œuvre répétitive et la production prolifique — plus de 8 000 œuvres au cours de sa vie — comme la preuve d'un mercantilisme plutôt que d'un engagement. Le rejet critique fut sévère et durable, et Buffet passa les décennies suivantes largement en dehors du discours critique sérieux, même si son marché aux enchères restait actif. En 1974, il fut élu à l'Académie des Beaux-Arts. En 1973, un collectionneur privé japonais, Kiichiro Okano, fonda le Musée Bernard Buffet à Shizuoka, au Japon, qui abrite aujourd'hui plus de 2 000 de ses œuvres et demeure la plus grande concentration de sa production au monde.
Buffet fut diagnostiqué de la maladie de Parkinson en 1997. Incapable de tenir un pinceau, il mourut le 4 octobre 1999 dans sa demeure de Tourtour, dans le Var. Dans les années qui suivirent sa mort, une réévaluation critique s'engagea sérieusement — une rétrospective au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris et une activité renouvelée aux enchères en Asie et en Europe révisèrent considérablement sa position. Sur la plateforme Auctionist, Buffet apparaît dans les maisons suédoises et nordiques, avec 36 lots répartis entre Crafoord Auktioner à Stockholm, Bukowskis Malmö, Garpenhus et Millon Paris Drouot. Les estampes et lithographies dominent l'offre, avec parmi les meilleurs résultats un « Tulpaner » adjugé à 7 487 SEK et « Les Iris » (1960) à 6 003 SEK.