
ArtisteDanishn.1921–m.2019
Albert Bertelsen
1 objets en cours
Albert Bertelsen grandit à Vejle, sur la péninsule du Jutland, et les paysages de son enfance — champs plats, lumière tamisée, la qualité si particulière des ciels d'hiver danois — ne le quittèrent jamais vraiment. Sans formation artistique formelle, c'est une rencontre avec l'œuvre du peintre CoBrA Henry Heerup qui le mit sur la voie de la peinture. Sa première exposition eut lieu à Copenhague en 1950, et en 1960, il s'était pleinement engagé dans la vie d'artiste professionnel.
Pendant les deux premières décennies de sa carrière, Bertelsen puisa presque exclusivement dans les souvenirs d'enfance. Les figures de ces premières toiles sont vues d'en bas, comme un enfant les verrait — les adultes imposants, les pièces surdimensionnées, le monde teinté de ce mélange particulier d'émerveillement et de malaise propre à l'enfance. La palette était sourde, la touche libre, et l'atmosphère oscillait entre tendresse et étrangeté.
Un voyage en Norvège en 1973 changea l'échelle de sa vision. Le pays ouvert des fjords et ses ciels vastes et indifférents l'éloignèrent des intérieurs pour le tourner vers le paysage. Il suivit cette impulsion jusqu'aux îles Féroé, et l'archipel se révéla transformateur. La lumière atlantique — perpétuellement changeante entre brouillard et clarté — correspondait à quelque chose dans sa sensibilité. Il y retourna à maintes reprises, travaillant à l'huile sur toile et en techniques graphiques, constituant un corpus d'œuvres féroïennes qui devint la part la plus identifiable de sa production. Le vert y dominait : les verts saturés des collines féroïennes sous des ciels couverts, les verts plus sombres des vallées à demi cachées par la brume.
La France, l'Islande et la Norvège apportèrent chacune leurs propres motifs au fil des décennies suivantes, mais les îles Féroé restèrent son sujet principal. Bertelsen travailla jusque dans ses dernières années, s'éteignant en décembre 2019 à l'âge de 98 ans. Son œuvre figure dans des collections nationales norvégiennes et dans des fonds publics danois, et elle fut régulièrement exposée à travers la Scandinavie tout au long de sa carrière.
Aux enchères, Bertelsen apparaît le plus fréquemment chez Bruun Rasmussen, où ses huiles féroïennes suscitent le plus vif intérêt. Une huile de 1984 intitulée « Mountain Mist, Faroe Islands » figure parmi les ventes les plus élevées enregistrées dans les données d'enchères scandinaves, atteignant 25 000 DKK. Les œuvres peintes sur toile surpassent systématiquement sa production lithographique. Auctionist recense actuellement 20 résultats d'enchères pour Bertelsen, dont 3 lots actifs au moment de la rédaction.